Aujourd'hui est un commencement

Editorial d'Eglise d'Autun N° 1 - 12 janvier 2018


Je me souviens d’une grande affiche permanente dans le couloir d’entrée d’un lycée de Marseille. Elle montrait un petit garçon haut comme trois pommes qui disait, avec un bon sourire : « ne vous énervez pas ! Dieu n’en a pas encore fini avec moi ! »

crocusAu commencement de cette année, cette boutade sympathique vaut pour chacun de nous quel que soit notre âge, et pour le monde actuel aussi. Dieu nous veut en croissance, et en croissance belle sous son regard. Le regard de Dieu n’est pas éteint sur la bonté qui est dans le monde. C’est même lui, son regard, grâce auquel nous existons, grâce auquel nous voyons des frères en tout homme, et grâce auquel nos péchés sont pardonnés. Sans lui, tout devient étroit et tout devient mesquin.

Les vœux que nous échangeons réveillent le meilleur de nous-mêmes, et je voudrais ici évoquer trois « cadeaux » reçus qui m’ont fait du bien :
- Le premier, c’est une question posée par quelqu’un en fin d’année, pour relire l’année écoulée à partir des grâces de Dieu sensiblement visibles dans le monde et dans notre propre vie personnelle ;
- Le second, c’est la délicatesse de tant de messages échangés en ces jours, et de tant de messages encourageants ;
- Le troisième, c’est un texte de Saint Jean XXIII que j’ai trouvé à mon réveil le 1er janvier : « Seigneur, rien qu’aujourd’hui, j’essaierai de vivre exclusivement la journée sans tenter de résoudre le problème de ma vie ; rien qu’aujourd’hui, je ne critiquerai personne et ne prétendrai redresser et discipliner personne si ce n’est moi… Rien qu’aujourd’hui, je ne craindrai pas et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau et de croire à la bonté. »

Cette prière n’est pas éloignée de celle de Sainte Thérèse de Lisieux demandant la grâce d’aimer « rien que pour aujourd’hui » ; c’est ainsi que nous serons dans le réel, en faisant simplement les choses au quotidien, dans la joyeuse disposition de ces deux grands témoins si proches. Aujourd’hui est une frêle passerelle. Il ne s’agit pas de tomber en nous réfugiant dans un ailleurs imaginaire, le plus souvent d’ailleurs à côté du réel. Il s’agit seulement de nous occuper de la bonté… il y a déjà pas mal à faire !


+ Benoît RIVIERE